L’Observatoire des métiers a réalisé trois scénarios sur l’avenir du secteur des télécoms à l’horizon 2007/2010, un
scénario tendanciel et deux
scénarios alternatifs.
Rappelons que le scénario tendanciel présente des dynamiques
d’évolution qui ne sont pas très différentes du présent, mais qui
peuvent, soit se renforcer, soit diminuer avec le temps.
Dans les scénarios alternatifs, des changements, voire des ruptures, peuvent apparaître.
Ainsi, dans le
scénario alternatif A,
l’hypothèse centrale repose sur une dynamique de croissance économique
plus forte que celle décrite dans le scénario tendanciel, qui suppose
une mutation en profondeur du système productif et offre à terme des
perspectives de croissance plus élevées. C’est donc un scénario très
optimiste.
Le
scénario alternatif B repose sur l’idée que
les différentes dimensions de l’offre de services télécoms (en termes
de support technique et de contenus) reposent sur des compétences
possédées en priorité par des grands leaders mondiaux « connexes » au
secteur des télécoms. Ces nouveaux entrants prendraient donc le
leadership, position accentuée par une régulation asymétrique du
secteur (la régulation ne s’appliquant pas aux nouveaux entrants). Il
s’agit donc là d’un scénario pessimiste.
Les deux scénarios alternatifs ont été jugés peu probables et
c’est donc le scénario tendanciel qui a été retenu.
Il est important de préciser que les évolutions des métiers décrites
dans le scénario tendanciel subsistent pour le scénario alternatif A,
car ce sont des évolutions structurelles liées à l'évolution
technologique et des marchés.
Voici les principaux éléments du scénario tendanciel :
CONTEXTE ECONOMIQUE
La croissance économique générale restera lente et faible (2 % par an en moyenne)
Les gains de productivité induits par les TIC ne tireront pas la
croissance économique. Globalement, ni les entreprises ni les pouvoirs
publics n’accroîtront leurs efforts d’investissement dans les TIC.
L’évolution de la consommation grand public des produits et services
télécoms (mobile, Internet, ADSL…) continuera de croître plus
rapidement que le niveau général de la consommation. Cela s’explique en
partie par le fait que les prix des produits et services vont continuer
à baisser et la qualité s’améliorer.
Deux facteurs majeurs sont liés à l’internationalisation des marchés :- L’élargissement de l’Europe
- L’explosion du marché du sud-est asiatique (Chine, Inde, Corée)
Ces facteurs auront un impact sur :- le potentiel de marché des opérateurs
- le coût de la main d’œuvre
- les conditions d’utilisation des ressources en main d’œuvre, leur mise en réseau, leur mutualisation (ex. R&D, SI)
- Les entreprises feront de plus en plus appel aux capacités d’intervention à distance, ce qui va générer une augmentation des services en «mobilité »
- Le télé-travail continue de croître, mais lentement
CONTEXTE REGLEMENTAIRE
Maintien d’une régulation sectorielle spécifique, qui protège les
intérêts du consommateur et garantit le libre jeu de la concurrence. Le
nouveau cadre réglementaire est fixé par les directives européennes (en
cours de transposition par le législateur au plan national).
Sous la pression de leur électorat, les collectivités locales ont un
rôle de lobbying au niveau national. Au niveau local, plutôt que de
jouer un rôle d’opérateur, elles favoriseront une dynamique au niveau
du secteur en faisant jouer la concurrence entre opérateurs.
Les opérateurs historiques évoluent vers un statut d’entreprise de droit commun
CONTEXTE TECHNOLOGIQUE
Le
rythme de l’innovation s’accélère, les technologies apportant des changements majeurs.
- Le passage au « tout IP » constitue le changement technologique majeur
- Les technologies radio (« sans fil ») se développent
- La croissance du débit se poursuit
- La convergence technique se développe (voix, données, images sur
l’ensemble des supports). Dans ce paysage, la « paire de cuivre » reste
cependant un des supports majeurs pour le transport d’informations
- On assiste à une multiplication et une mise en réseau de terminaux et de machines communicantes
Certaines technologies ne sont pas encore en capacité d’être
développées à grande échelle (exemple de la reconnaissance de la voix).
- La technologie IP devient centrale tant pour les télécoms que pour l’informatique
- La commutation de circuit disparaît pendant la période de référence
- L’activité d’installation d’équipements (ADSL, Wifi,…) est en forte croissance
- L’exploitation maintenance des réseaux va évoluer (concentration de
l’exploitation des réseaux, exploitation et intervention à distance,
possibilité d’automatisation, intervention de type « logiciel »)
- Le nombre de produits et services associés va augmenter (augmentation
des technologies « télé » - téléalarme, télésurveillance, téléaction,
télémesure…)
- Le nombre de produits et services associés va augmenter (augmentation
des technologies « télé » - téléalarme, télésurveillance, téléaction,
télémesure…)
- Certains produits et services plus complexes nécessiteront un accompagnement à l’usage
- La gestion du client, des produits et services, les conditions de
facturation... sont autant d’éléments qui deviennent plus complexes.
Ils s’ajoutent aux questions de fidélisation et de différenciation
évoqués précédemment, et font que la maîtrise du système d’information
client devient centrale
- La gestion du client, des produits et services, les conditions de
facturation... sont autant d’éléments qui deviennent plus complexes.
Ils s’ajoutent aux questions de fidélisation et de différenciation
évoqués précédemment, et font que la maîtrise du système d’information
client devient centrale
CONTEXTE SOCIETAL
- Le frein à l’usage des NTIC s’affaiblit
- Les jeunes utiliseront plus massivement les NTIC et garderont leurs habitudes de consommation et leurs exigences
- la clientèle devient de plus en plus volatile et exigeante
- elle recherche plus d’immédiateté, d’ubiquité, de rapidité
- elle exerce une pression sur les services attendus et sur les prix
Il sera de plus en plus important pour les opérateurs d’analyser les
différents segments de clientèle, pour être en mesure de concevoir des
facteurs de différenciation et des leviers de fidélisation
- en matière d’ergonomie du produit
- en matière d’accompagnement à l’usage
- La relation client se personnalise de plus en plus (notamment avec le développement d’offres « personnalisées »)
- Les opérateurs procèdent à une segmentation plus fine de la clientèle
-
La « marque » est de plus en plus utilisée comme levier de fidélisation
- Les systèmes d’information sont de plus en plus intégrés, complexes
et réactifs (capacité d’extraction de connaissances sur le client,
stockage d’information